Samedi 10 octobre 2009
Par une banale matinée d'octobre, un Berliet GLR pointa enfin le bout de son nez aux Braches, hameau seine-et-marnais d'une poignée d'habitants...




Le père Vavasseur, fournisseur de matériel agricole de son état, s'accorda une petite pause pour considérer cette masse tricolore, tout en pestant contre le trafic incessant de ces mastodontes de la route...  
 
"Encore un", pensa t'il... "Manque plus qu'ils empruntent les chemins vicinaux! Et le ferroutage, alors?... Plus moyen de bosser tranquillement !"





Son fils, Paul, eut d'autres priorités... Avant d'aller à l'école avec ses camarades, il prit le temps de s'arrêter devant l'auto du marchand de glaces afin de prendre une petite douceur paloise. La vendeuse de gaufres n'apprécia pas la concurrence...







Bonne journée.
Par Warnless
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Dimanche 23 août 2009
Un affaissement de la voirie a été constaté à la sortie de l'agglomération. Certains administrés ont argué que cet incident est dû à l'incessant va-et-vient des poids-lourds...
En effet, la bretelle reliant le Jevousois à l'autoroute de l'est a été fermée pour des raisons inconnues (d'après la rumeur, il s'agirait de plaintes déposées suite à des nuisances sonores).
Par voie de conséquence, les routiers sympas sont forcés d'emprunter les routes départementales jusqu'à la prochaine bretelle située à une trentaine de kilomètres, et il s'avère que le chemin le plus court traverse Jevoux-en-Brie.



Une équipe de la DDE a été envoyée sur place afin de remédier au problème. Certains agents ont toutefois refusé de travailler sous prétexte qu'ils n'étaient pas habilités à ce type de travaux (ils faisaient partie de l'équipe d'entretien  autoroutier). La menace du blâme administratif a eu raison de leurs objections... On les entendit marmonner "Engagez-vous, rengagez-vous, qu'ils disaient...".







La circulation est donc alternée. Un automobiliste est forcé de s'arrêter afin de laisser le passage...



Mais celui-ci ne l'entend pas de cette façon et insulte copieusement Léon, l'employé de la DDE chargé de réguler la circulation...

L'automobiliste: C'est tout de même incroyable..! Alors, non seulement on paye des impôts pour des travaux superflus, mais en plus, il faut que l'on en supporte les inconvénients..! Les contribuables sont vraiment pris pour des pigeons !







Paul Vavasseur revient du boulot.









Tiens... une AK400...






Feu vert pour l'autre file...







Paul Vavasseur stationne devant son domicile, une chambre de bonne louée récemment pour un prix modique. Il partage son appartement avec sa copine...



C'est la pause-déjeuner. Tous les employés de la DDE sont partis manger au resto le plus proche, sauf Léon, qui est plutôt du genre vieux loup solitaire... Il surveille le matériel et grignote un sandwich.



Il entend quelqu'un l'appeler au loin, mais il ne voit personne... Les appels deviennent de plus en plus insistants...

La voix: Lééonn ! Lééonn !

Léon: Bon ben oui quoi?! Qui c'est? Qu'est-ce que vous me voulez?

La voix: Léééooonn ! Lééoonnn !

Léon: J'deviens fou ! J'deviens fou ! J'aurais pas dû boire autant de Picon-bière..!

Impossible d'identifier la voix.. . Et personne ne pointe le bout de son nez...



La réponse se trouve de l'autre côté du mur...



Le curé: Bon sang, mais quand est-ce qu'il va se taire, ce paon de malheur...?

La dame: Quelle idée aussi de l'avoir recueilli, monsieur le curé...!

Le paon: Léan ! Lééan ! Lééaan !

La fin...
Par Warnless
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Dimanche 9 août 2009
Le maire commença son éloge funèbre...



Le maire: ...Aheum... Jevousiennes, Jevousiens... Mes chers administrés... C'est pour moi un immense honneur de pouvoir rendre hommage à celui que l'on surnomma "la mémoire de notre village", tant son âge canonique nous fît croire qu'il était immortel... Immortel, il ne l'étais pas, certes, puisque la fatalité l'a...

Le curé (après avoir donné un coup de coude au maire): Le Seigneur !

Le maire (s'adressant au curé à voix basse): Bon sang, ne m'interrompez pas ! Et la loi de 1905, ça vous dit quelque chose...?!

Le curé (également à voix basse): Taisez-vous, blasphémateur !

Le maire poussa un soupir de résignation puis reprit son discours...

Le maire: ...car le Seigneur vient de le rappeler à lui dans sa cent-unième année... Notre bon Anselme nous répétait souvent qu'il avait bien vécu et qu'il ne regrettait rien... Sa joie de vivre était communicative, et son optimisme était désarmant... Aussi, il n'aurait pas voulu nous voir porter le deuil de sa personne à l'occasion de son enterrement... A en juger par vos différentes tenues vestimentaires et par la chaleur de cette matinée estivale, nous pourrions croire qu'il a été entendu...! Hé hé hé !...

Rire général...





Le maire poursuivit son discours:
"Né le 17 mars 1869 au sein d'une famille modeste, il était l'ainé de'une famille de six enfants. Son père était ferronnier et s'était distingué durant la guerre de 70. Sa mère était cultivatrice et était originaire du village voisin. A l'âge de dix ans, Anselme fut pris comme apprenti chez..."





Paul Vavasseur: Dis p'pa... C'est vrai que quand on meurt, on monte au ciel?

Mr Vavasseur: Ben...ouais...

Paul Vavasseur: Et que quand on monte au ciel, on revoit tous ceux qui ont disparu?

Mr Vavasseur: Ben j'suppose... C'est étudié pour.

Paul Vavasseur: Et c'est vrai que quand on meurt, on pèse dix grammes de moins?

Mr Vavasseur: Bon, tu m'agaces avec tes questions... Demande à ta mère!

"...et il la prit pour épouse. Leur premier enfant naquit en 1897. Il s'agissait d'un garçon prénommé Victor. Il eurent deux autres enfants, un garçon et une fille. Ah...ce qu'ils pouvaient être fiers de leurs enfants. Ils pouvaient l'être... Et lorsque..."





Une dame: Alors...?

Un monsieur: Alors quoi...?

La dame: Est-ce que tu l'as revue?

Le monsieur: Qui?!

La dame: Ben tiens...! Comme si tu ne le savais pas...! Je te parle de ta petite poule! Avoue que tu as été la voir!

Le monsieur: Ghislaine, tu m'emm##des... Il faut toujours que tu te donnes en spectacle! Ne vois-tu pas que ce n'est pas le moment...?!

"...ne recevait plus de nouvelles de ses deux fils, partis sur le front... Puis, un matin d'avril 1918, il eut le soulagement de les voir débarquer à la gare de Jevoux. Ils l'ont finalement eue, leur permission ! Puis, quelques mois plus tard, ce fut l'armisti..."



La dame: Méfie-toi, Jacques... La veangence est un plat qui se man...

Le monsieur: Est-ce que je t'avais fait des reproches, moi, lorsque tu flirtais avec mon cousin Marcel?

La dame: Salaud...! Tu oses remettre ça sur le tapis. Tu me le paieras, Jacques... Tu me le paieras!

Le monsieur: C'est ça...



Le gendarme: Salut Lucas... Alors, ça roule?

Lucas (le bonhomme qui tient une carte routière dans ses mains): Salut. Ouais, ça roule... Un peu triste quand même pour le père Anselme... Sacré phénomène, celui-là...!

Le gendarme: Oui, c'est vraiment triste. Je le revois arpenter les rues du village avec sa canne... Je pensais qu'il nous enterrerais tous...!

Lucas: Fichu coup du sort!

Le gendarme: Heu...et sinon, je voulais te demander... Elle est à toi, la voiture de sport blanche qui est garée juste devant le bar du coin...?

Lucas: Ouaip! Je viens de l'acheter. Elle est vraiment classe!

Le gendarme: Désolé mais... Je vais devoir te filer une amende. Le stationnement est interdit aujourd'hui, pour cause d'enterrement...

Lucas: Merde! Et notre amitié, alors...?

Le gendarme: Faut bien que je fasse mon boulot...



"la Drôle de guerre. Après la débacle de juin 40, ils n'eurent plus de nouvelles de leurs petits-fils. L'exode n'avait évidemment rien arrangé... Mais ils purent rejoindre leur domicile, qui n'avait pas été touché par les bombardements. Enfin, Amédée et Pierre revinrent d'Allemagne. Ils étaient assez affaiblis, mais ils se remirent vite sur pied. A soixante-dix ans, Anselme en avait vu, des conflits... Il avait eu la chance de ne pas avoir à se battre. Ses fils et ses petits-fils n'avaient pas eu cette chance, mais ils s'en étaient tous sortis indemnes. Son optimisme légendaire ne l'avait donc jamais trompé. Et sa présence nous a accompagnés une trentaine d'années de plus... jusqu'à aujourd'hui. Il va tous nous manquer...! Mes braves administrés, je vous remercie tous de m'avoir écouté! Je sais, je parle trop, et on me le dit souvent...! Mais je me devais, en tant que maire de notre chère agglomération, de faire un éloge digne de la renommée de notre citoyen d'honneur, Anselme Hiyadeux !"



Puis, toute cette petite assemblée prit le chemin du cimetière...





















The end!
Par Warnless
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Mercredi 5 août 2009


Par une chaude matinée d'été, le corbillard qui devait emmener Anselme Hiyadeux, le doyen des Jevousiens, vers sa dernière demeure, stoppa près de l'église du village...





La messe en l'honneur du défunt étant célébrée, le curé et ses ouailles s'étaient alors rassemblés sur le parterre de l'église afin d'assister au discours du maire, qui insista vivement pour rendre un vibrant hommage au père Anselme...















Le cercueil fut installé dans le fourgon mortuaire par les employés des pompes funèbres. Le maire commença alors son éloge...



A suivre...
Par Warnless
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Vendredi 26 juin 2009

Un haut gradé: Garde-à-vous !
Lieutenant, voici votre briefing. Vous devez immédiatement conduire le commandant Delamer au centre hospitalier d'Origny. L'hôpital de la base est complètement saturé à cause de cette satanée épidémie de gastro-entérite, aussi nous nous devons de prendre des mesures d'urgence. La fin justifie les moyens, lieutenant.

 


Le haut gradé: Voici votre feuille de route. Etant donné la situation, il serait plus sage d'emprunter les grands axes routiers afin d'arriver plus facilement à bon port. Prenez l'autoroute et roulez jusqu'à la prochaine sortie. Puis, prenez la nationale. Vous arriverez ainsi à Origny en moins de quinze minutes...




Le lieutenant: Mais, pourtant, Bison Füté avait annoncé des bouch...

 

Le haut gradé: Ne discutez pas les ordres, lieutenant ! Le commandant Delamer est déjà installé dans l'estafette. Pour faire court, il a la colique et il a envie de vomir. Donc, ne perdez pas de temps. L'honneur de la France est entre vos mains, lieutenant.

 

 

Le lieutenant: Bien, mon capitaine ! Euh... sauf votre respect, il ne s'agit pas d'une Estafette Renault mais d'un Type H Citroën...

Le haut gradé: Estafette ou pas, si vous persistez sur ce chemin-là, lieutenant, cela ne va pas être votre fête ! On en a fusillé pour moins que ça. Rompez !



Quelques temps plus tard...

Le lieutenant
: Gna gna gna, ça va pas être votre fête, lieutenant.  Taisez-vous, lieutenant.  Allez voir ailleurs si j'y suis, lieutenant.  Rompez, lieutenant !
Tu vas voir... Moi aussi, je connais des raccourcis !


 

Le lieutenant: Et puis, d'abord, rien ne peut arrêter un Type H...!


 

 

Rien... Enfin presque...

 





Le lieutenant: Rhaaah ! Et bien, on est pas rendus ! Flûte de crotte !





L'éleveur: Allez, Dudule, on avance ! Et toi aussi, Chantereine !

Dudule et Chantereine (de concert): Bêêêêêêhhh !!!







L'homme qui conduit la superbe Porsche 914 (à voix basse): Et moi qui voulais l'emmener dans un petit resto sympa...

La demoiselle qui l'accompagne: Dis-donc, j'espère que tu n'es pas en train de me refaire le coup de la panne...?

L'homme: Mais pas du tout bibiche ! Je te jûre que non ! Ce n'est pas de ma faute si des moutons...

La demoiselle: Ben voyons ! Je la connais, ta rengaine...!



Le lieutenant: Vous ne pouvez pas vous activer ?! J'ai un train à prendre, moi !

L'éleveur: Vindiou ! C'est aux bêtes qui faut dire ça ! Non mais je vais te me le *#@& ! ... (en apparté) ... P'tit con... Psssss.....

Les moutonsses: Bêêêêhhh !!!



Un étrange bruit se fît entendre à l'arrière du Type H... On aurait dit l'apocalypse...



Le lieutenant: Ca...ca va, mon commandant...?

Le commandant Delamer (après une quinte de toux): Oui, tout va bien dans le meilleur des mondes... Mais non, imbécile !!! Tu ne vois pas que je suis en train de repeindre ton fourgon avec mes déjections ?! Vous me ferez trois jours !!!

Le lieutenant: C'est pô juste...!



The end !
Par Warnless
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